De pierres et de ronces

Qu’on les appelle « mas » ici, d’un autre nom ailleurs, ils n’ont plus d’utilité aujourd’hui, après avoir servi d’abris aux vignerons qui passaient la journée dans leur vigne, avant l’avènement de la mécanisation agricole.

Dans le paysage de la vallée de l’Hérault, ces constructions en pierre sèche, même si  certaines sont encore debout ou ont étés restaurées, la plupart sont en ruines, sans toit, sans porte, les murs parfois sont écroulés.

Ce n’est pas par nostalgie que j’ai commencé cette série d’images et encore moins par attachement à ma région.

La vigne et ses mas reculent, tandis que les zones commerciales, industrielles, le béton et le bitume  avancent.

« Sauve moi, emporte moi, demain je ne serai plus là. » Ces injonctions muettes des graffitis des murs à Paris, à l’adresse du photographe, combien de fois Brassaï les a-t-il saisies, alors qu’il les photographiait.

Comme lui, avec ma sensibilité et mon regard de photographe, j’ai eu envie de tirer les portraits de quelques-uns de ces paysages, habités du passé, avant qu’ils ne soient détruits complètement.